La forêt des Landes de Gascogne est principalement composée de pins maritimes dont l’exploitation de la résine a longtemps fourni la principale activité industrielle. En 1921, la récolte de la gemme battait son plein, produisant 178 millions de litres. Pour la population landaise, ce fut l’apogée de l’arbre d’or qui réussit à apporter la prospérité en fixant les dunes mouvantes tout en améliorant les conditions sanitaires. Au-delà, il avait aussi apporté une activité économique à même de sortir la région landaise de la misère.

Après une rapide présentation de la ville de Dax, le documentaire s’intéresse au gemmage et à la distillation de la résine qui permet d’obtenir l’essence de térébenthine et la colophane. Il se termine par une mise en garde sur les menaces qui pèsent sur la forêt des Landes : la surexploitation et les incendies.

Breveté en 1844 et généralisé dès les années 1860, le système Hugues allait améliorer le rendement et la qualité de la résine récoltée en évitant les impuretés. Bien différent de la récolte traditionnelle dite au cròt, le procédé reposait sur l’adjonction d’un pot à gemme ascensionnel qui suivait chaque année la montée de la care. Tout au long de la campagne de gemmage qui se déroulait de janvier à novembre, les gemmeurs effectuaient toute une série d’opérations. Il s’agissait d’abord, jusqu’à la mi-mars, de préparer le pin à recevoir les carras, c’est-à-dire placer le crampon de zinc destiné à guider la gemme dans le pot et peler l’écorce sur une hauteur de 70 cm et une largeur de 20 cm. Le résinier donnait alors la première pique sur le tronc à l’aide d’unhapchòt. Afin de permettre un écoulement fluide de la résine, les cares étaient rafraichies toutes les semaines de quelques centimètres vers le haut.

Une fois les pots remplis, avait lieu l’amassa ou récolte de la résine. Les pots étaient vidés dans un esquärta, récipient qui servait à transporter de plus grosses quantités de gemme dans des barriques. Celles-ci étaient enfin dirigées vers les distilleries pour y être traitées.

Vers octobre avait lieu une dernière opération, le barrasquage. Une toile était étendue au pied des pins ; la résine solidifiée sur la care était grattée avant d’être mélangée à la résine molle.

 

Une fois à la distillerie, ce conglomérat était traité de manière à séparer l’essence de térébenthine de la colophane. La térébentine servait à la fabrication des vernis, des solvants et des cires. La colophane, obtenue par cuisson de la gemme, était utilisée en savonnerie, ainsi que pour la confection de colles et de flambeaux.

 

Le développement incontrôlé du massif forestier entraîna très tôt un accroissement des incendies mais n’empêcha pas le gemmage de prospérer. Il connut son âge d’or dans les années 1920, avant d’entamer un long déclin pour finalement disparaître au début de la décennie 1990.

Sébastien Poublanc
(Source : Institut National de l’Audiovisuel)
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